Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/404

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SCÈNE II. — CYLINDRE, MÉNECHME SOSICLÈS, MESSÉNION.

CYLINDRE. J’ai fait de bonnes emplettes, et je crois que je servirai un bon repas à mes dîneurs… Mais j’aperçois Ménechme ; gare à mes épaules! Approchons, et parlons-lui. Bonjour, Ménechme.

MÉNECHME. Les dieux te protègent! tu sais qui je suis ?

CYLINDRE. Non vraiment! Où sont les autres convives ?

MÉNECHME. Quels convives ?

CYLINDRE. Votre parasite.

MÉNECHME. Mon parasite ? Cet homme est fou.

MESSÉNION. Ne vous avais-je pas dit qu’il y a ici un tas d’intrigants ?

MÉNECHME. Qu’est-ce, l’ami, que mon parasite, après qui tu demandes ?

CYLINDRE. Péniculus.

MESSÉNION. Bon ! il est en sûreté dans mon sac[1].

CYLINDRE. Ménechme, vous venez dîner de bien bonne heure. J’arrive seulement du marché.

MÉNECHME. Dis-moi, l’ami, combien se vendent ici les porcs pour les sacrifices[2] ?

CYLINDRE. Une pièce.

MÉNECHME. Tiens donc, et fais-toi guérir avec mon argent : car je vois bien que tu as la tête à l’envers, qui que tu sois, puisque tu viens importuner un inconnu.

CYLINDRE. Je suis Cylindre ; ne savez-vous pas mon nom ?

MÉNECHME. Cylindre ou Coliendre, la peste soit de toi ! Je ne te connais pas et n’ai nulle envie de te connaître.

CYLINDRE. Vous vous appelez Ménechme, autant que je sache.

MÉNECHME. Tu parles comme une tête sage quand tu me nommes par mon nom. Mais où m’as-tu connu ?

CYLINDRE. Où je vous ai connu ? Comme si votre bonne amie n’était pas Érotie ma maîtresse !

MÉNECHME. Elle ne l’est point, et quant à toi, je ne sais qui tu es.

CYLINDRE. Vous ne savez qui je suis ? Eh! je vous verse assez souvent, quand vous venez boire chez nous.

  1. Jeu de mots sur Péniculus, qui, comme nous l’avons dit, signifie la brosse.
  2. On sacrifiait un porc aux dieux Lares pour obtenir la guérison d’un malade atteint de folie.