Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/415

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PÉNICULUS. Non, mais la mante vous fait pâlir[1]. Cela vous apprendra à manger le dîner sans moi. (À la femme.) Poussez.

MÉNECHME, bas à Péniculus. Veux-tu bien te taire !

PÉNICULUS. Non vraiment, je ne me tairai pas. (À la femme.) Il me fait signe de ne pas parler.

MÉNECHME. En vérité, je ne te fais pas de signes, je ne te regarde même pas.

LA FEMME. Ah ! que je suis malheureuse !

MÉNECHME. Comment cela ? explique-toi.

PÉNICULUS, à la femme. Vit-on jamais un front pareil ? nier ce que vous voyez de vos yeux !

MÉNECHME. Ma femme, j’atteste Jupiter et tous les dieux (cela te suffit-il ?) que je ne lui ai pas fait le moindre signe.

PÉNICULUS. Elle vous en croit déjà là-dessus ; mais retournez par ici.

MÉNECHME. Où retourner ?

PÉNICULUS. Chez le brodeur, je pense ; allez, et rapportez la mante.

MÉNECHME. Quelle mante ?

LA FEMME. Je me tais, puisqu’il ne se souvient plus de ce qu’il a fait.

MÉNECHME. Un de nos esclaves s’est-il mis en faute ? nos servantes, nos domestiques t’ont-ils mal répondu ? Parle : ils en seront punis.

PÉNICULUS. Chansons !

MÉNECHME. Te voilà toute triste ; cela me chagrine.

PÉNICULUS. Chansons !

MÉNECHME. Es-tu fâchée contre quelqu’un de la maison ?

PÉNICULUS. Chansons !

MÉNECHME. Ce n’est pas contre moi, au moins ?

PÉNICULUS. Ah ! vous commencez à parler.

MÉNECHME. Par Pollux, je n’ai rien fait de mal.

PÉNICULUS. Hum ! voilà que vous revenez à vos chansons.

MÉNECHME. Parle, ma femme, qu’est-ce qui te fait de la peine ?

PÉNICULUS. Eh ! comme il vous pateline !

MÉNECHME, à Péniculus. Vas-tu me laisser tranquille ? est-ce que je te parle, à toi ?

LA FEMME. Ôtez votre main.

PÉNICULUS. Vous avez reçu la botte. Une autre fois vous vous

  1. Il y a ici un jeu de mots sur palla, mante, et pallor, pâleur.