Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/425

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bon sens tout à l’heure ! Ce mal l’a pris tout à coup. Allons au plus vite chercher le médecin. (Il sort.)


SCÈNE IV. - MÉNECHME SOSICLÈS.

Ont-ils enfin disparu, ces gens qui me forcent de délirer en pleine santé ? Regagnons promptement le vaisseau, puisque je peux le faire sans obstacle. (Aux spectateurs.) Et vous tous, je vous en prie, si le vieillard revient, ne lui dites pas par quelle rue je me suis sauvé. (Il sort.)


SCÈNE V. — LE VIEILLARD.

J’ai mal aux reins d’être assis et aux yeux de regarder en attendant que le médecin revienne de sa tournée. Le maudit homme a eu bien de la peine à quitter ses malades. Il dit qu’il a remis une jambe cassée à Esculape, un bras à Apollon : c’est à se demander si c’est un médecin que j’amène, ou un forgeron. Allons, le voici, il s’avance à pas de fourmi.


SCÈNE VI. — LE MÉDECIN, LE VIEILLARD.

LE MÉDECIN. Quelle est, m’avez-vous dit, la maladie ? parlez, bonhomme : sont-ce des spectres ou Cérès qui le tourmentent ? dites-le-moi. Est-il attaqué de langueur ou d’hydropisie ?

LE VIEILLARD. Eh ! si je vous fais venir, c’est précisément pour que vous me le disiez, et que vous le guérissiez.

LE MÉDECIN. Rien de plus facile. Il guérira, j’en donne ma parole.

LE VIEILLARD. Je veux qu’on le soigne tout du mieux’ possible.

LE MÉDECIN. Bon ! il gémira plus de cent ;ours de suite, tant je le soignerai de mon mieux.

LE VIEILLARD. Le voici justement.

LE MÉDECIN. Observons ce qu’il va faire.


SCÈNE VII. — MÉNECHME, LE VIEILLARD, LE MÉDECIN.

MÉNECHME, qui se croit seul. Par Pollux, voilà une journée où je n’ai eu que contrariété et guignon. Je croyais m’être bien caché ; mon parasite révèle tout et me remplit de honte et de