Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/73

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NOTICE SUR L’ASINAIRE.


Le sujet de l’Asinaire est tel, qu’il ne serait souffert sur aucune de nos scènes modernes. Un vieillard libertin escroque à sa femme le prix de la vente d’un troupeau d’ânes (de là le nom de la pièce) ; il destine cet argent à son fils, à condition que ce dernier lui laissera passer une nuit avec sa maîtresse. Toutefois il ne faudrait pas juger la comédie de Plaute avec une sévérité qui serait de l’injustice. Une pareille intrigue ne révoltait pas les Romains, qui trouvaient dans le dénoûment une satisfaction suffisante pour la morale. La honte du vieillard, quand sa femme a découvert son projet, était la leçon que l’on venait demander à l’Asinaire, leçon un peu gâtée par les excuses que l’orateur de la troupe tire de la coutume, de l’occasion qui a tant de force pour séduire. Plaute, d’ailleurs, se plaît à la peinture de ces vieux débauchés, qui finissent toujours par être confondus : on peut voir plusieurs portraits de ce genre dans les Bacchis, Casina et le Marchand. La fréquentation des maisons de courtisanes n’était un scandale ni en Grèce ni à Rome ; on n’y rencontrait pas seulement des hommes avides de plaisirs, mais souvent aussi, principalement à Athènes, des hommes d’État, des philosophes : c’étaient des espèces de salons où l’on venait quelquefois uniquement pour s’entretenir de politique ou de beaux-arts.

Plaute nous apprend lui-même qu’il a emprunté l’intrigue de l’Asinaire au comique grec Démophile ; on suppose que quelques scènes ont été perdues, parce que dans les trois derniers actes le théâtre paraît rester plusieurs fois