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là échappe à notre ouïe? C'est ce que je ne puis dire, pas plus que je ne dirai si le son produit par les astres qui se meuvent ensemble dans leurs orbes est un concert d'une harmonie et d'une suavité incroyable. 2 Pour nous, placés dans l'intérieur, le monde, le jour comme la nuit, chemine silencieusement. Un nombre infini d'images d'animaux et de choses de toute espèce est empreint sur la voûte céleste. En vain des auteurs d'un grand nom ont dit qu'elle était d'un poli uniforme, comme est l'œuf des oiseaux; les faits montrent le contraire, car de là tombent les germes de toutes choses, qui, se confondant souvent, donnent naissance, surtout dans la mer, à des formes innombrables et monstrueuses: 3 en outre, nous y découvrons par la vue, ici un chariot, là un ours, là un taureau, ailleurs la figure d'une lettre, et un cercle blanchâtre qui en traverse le point le plus élevé. J'ajouterai que le consentement des hommes me touche ; car ce que les Grecs ont appelé g-kosmos, d'un mot qui signifie ornement, nous l'appelons monde, d'un mot qui indique une élégance parfaite et suprême. Le ciel (coelum), sans aucun doute, tire son nom du mot ciseler (coelare), d'après l'étymologie de M. Varron, à laquelle l'arrangement de l'univers vient en aide, puisque le cercle appelé zodiaque est marqué de douze figures d'animaux parcourues par le soleil, selon un ordre qui ne se dément pas depuis tant de siècles.

IV. (v.) Quant aux éléments, je remarque qu'il ne s'élève aucun doute; on en compte quatre : le feu occupe la région supérieure, de là tant d'étoiles qui brillent comme autant d'yeux au haut du ciel. Au-dessous vient l'air, qui porte le même nom dans notre langue et dans celle des Grecs : Il est le souffle de vie, il pénètre à travers toutes


choses, il n'est rien où il ne soit insinué. Par la force de l'air, la terre, avec l'eau, quatrième élément, est suspendue en équilibre au milieu de l'espace. C'est l'entrelacement mutuel de ces éléments divers qui en constitue le lien; les substances légères sont retenues par les substances pesantes, qui ne leur permettent pas de s'élever; et, par compensation, les substances pesantes ne peuvent tomber, tenues en suspension par les substances légères, qui tendent à monter. (2) Ainsi, un effort égal en sens contraire maintient dans leur place les choses resserrées encore par le mouvement circulaire du monde, que rien n'arrête. Dans cette révolution éternelle de l'univers, la terre est au fond et au milieu de l'ensemble; elle est le point cardinal du monde, tenant en équilibre ce qui la tient elle-même en suspension. De la sorte, elle est seule immobile, tandis que tout se meut autour d'elle; elle a des liens dans toute chose, et toute chose s'appuie sur elle. (3) Entre elle et le ciel, la même force de l'air tient suspendus à des intervalles réglés sept astres que nous appelons errants à cause de leur marche, bien que rien ne soit moins errant que ces corps. Au milieu de ces astres roule le soleil, dont la grandeur et la puissance l’emportent sur tous les autres, et qui gouverne non seulement nos saisons et nos climats, mais encore les astres et le ciel lui-même. Il est la vie ou plutôt l'âme du monde entier; il est le principal régulateur, la principale divinité de la nature : c'est du moins ce qu'il faut croire, si nous en jugeons par ses oeuvres. (4) C'est lui qui donne la lumière aux choses, et qui enlève les ténèbres; c'est lui qui éclipse et qui illumine les autres astres: c'est lui qui règle, d'après les besoins de la nature, les alternatives des saisons, et l'année toujours renaissante; c'est lui qui dissipe la tristesse du ciel, et qui même écarte les nuages jetés sur l'esprit humain ; c'est lui qui prête sa lumière aux autres corps célestes. Admirable, sans rival, il voit tout, il entend même tout; double attribut que je trouve accordé à lui seul par Homère, le prince des lettres.

equidem facile dixerim, non, Hercule, magis quam circumactorum simul tinnitus siderum suosque uoluentium orbes an dulcis quidam et incredibili suauitate concentus. nobis qui intus agimus iuxta diebus noctibusque tacitus labitur mundus. 7 esse innumeras ei effigies animalium rerumque cunctarum inpressas nec, ut in uolucrum notamus ouis, leuitate continua lubricum corpus, quod clarissimi auctores dixere, terrenorum argumentis indicatur, quoniam inde deciduis rerum omnium seminibus innumerae, in mari praecipue ac plerumque confusis monstrificae, gignantur effigies, praeterea uisus probatione, alibi ursi, tauri alibi, alibi litterae figura, candidiore medio per uerticem circulo. 8 equidem et consensu gentium moueor; namque et Graeci nomine ornamenti appellauere eum et nos a perfecta absolutaque elegantia mundum. caelum quidem haut dubie caelati argumento diximus, ut interpretatur M- Varro. 9 adiuuat rerum ordo discripto circulo qui signifer uocatur in duodecim animalium effigies et per illas solis cursus congruens tot saeculis ratio.

1 IV. (|v}}. Nec de elementis uideo dubitari quattuor esse ea: ignium summum, inde tot stellarum illos conlucentium oculos; proximum spiritus, quem Graeci nostrique eo-


dem uocabulo aera appellant, uitalem hunc et per cuncta rerum meabilem totoque consertum; huius ui suspensam cum quarto aquarum elemento librari medio spatii tellurem. Ita mutuo conplexu diuersitatis effici nexum et leuia ponderibus inhiberi quo minus euolent, contraque grauia ne ruant suspendi, leuibus in sublime tendentibus. sic pari in diuersa nisu in suo quaeque consistere, inrequieto mundi ipsius constricta circuitu, quo semper in se recurrente imam atque mediam in toto esse terram, eandemque uniuerso cardine stare pendentem, librantem per quae pendeat, ita solam inmobilem circa eam uolubili uniuersitate; eandem ex omnibus necti eidemque omnia inniti. Inter hanc caelumque eodem spiritu pendent certis discreta spatiis septem sidera, quae ab incessu uocamus errantia, cum errent nulla minus illis. Eorum medius sol fertur, amplissima magnitudine ac potestate nec temporum modo terrarumque, sed siderum etiam ipsorum caelique rector. Hunc esse mundi totius animum ac planius mentem, hunc principale naturae regimen ac numen credere decet opera eius aestimantes. Hic lucem rebus ministrat aufertque tenebras, hic reliqua sidera occultat, inlustrat; hic uices temporum annumque semper renascentem ex