Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 1.djvu/237

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lia intimement les familles ; et l’intelligence que ces mariages établirent entre eux devint la source véritable de leur puissance.

VIII. Mais le temps est un témoin sûr de la pudeur, de l’amour et de la constance qu’il mit dans l’union conjugale. Pendant l’espace de deux cent trente ans, on ne vit pas un seul mari qui osât quitter sa femme, ni une femme son mari ; et comme, chez les Grecs, les gens versés dans l’antiquité peuvent nommer le premier homme qui tua son père ou sa mère, de même tous les Romains savent que Spurius Carbilius fut le premier qui répudia sa femme ; encore en donna-t-il pour raison sa stérilité. Ce témoignage d’une si longue suite d’années est confirmé par les événements qui suivirent. Un premier effet de ces unions fut le partage égal de l’autorité souveraine entre les deux rois, et l’égalité de droits pour tous les citoyens. Mais les mariages de Thésée, loin de procurer aux Athéniens des alliés ou des amis, leur attirèrent des haines, des guerres et des meurtres, enfin la perte de la ville d’Aphidna. Ils eurent eux-mêmes bien de la peine à se sauver, et ne durent qu’à la compassion de leurs ennemis, qu’ils furent obligés d’adorer comme des dieux, de ne pas éprouver les malheurs qu’Alexandre attira depuis sur les Troyens. La mère même de Thésée