Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/17

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et héritier du mort, indigné de cette vente inique, prouva que ces biens, vendus à si bas prix, valaient deux cent cinquante talents. Sylla, qui se voyait convaincu d'une énorme injustice, fut très irrité contre Roscius ; et, à l'instigation de son affranchi, il fit intenter à ce malheureux jeune homme une accusation de parricide. Personne n'osait venir à son secours ; l'effroi qu'inspirait la cruauté de Sylla éloignait tous ceux qui auraient pu le défendre. Le jeune Roscius, abandonné de tout le monde, eut recours à Cicéron, que ses amis pressèrent vivement de se charger d'une affaire qui lui offrait, pour entrer dans la carrière de la gloire, l'occasion la plus brillante qui pût jamais se présenter. Il prit donc la défense de Roscius, et le succès qu'il eut lui attira l'admiration générale ; mais la crainte du ressentiment de Sylla le détermina à voyager en Grèce ; et il donna pour prétexte le besoin de rétablir sa santé. Il est vrai qu'il était maigre et décharné, et qu'il avait l'estomac si faible, qu'il ne pouvait manger que fort tard, et ne prenait que peu de nourriture. Ce n'est pas que sa voix ne fût forte et sonore ; mais elle était dure et peu flexible ; et comme il déclamait avec beaucoup de chaleur et de véhémence, en s'élevant toujours aux tons les plus