Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/70

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disposant du peuple, qu'il laissait s'abandonner à tous les excès de la licence et de l'audace, il osa s'attaquer à Pompée lui-même, et blâmer plusieurs des ordonnances qu'il avait rendues pendant qu'il commandait les armées. Pompée, à qui cette censure, faisait tort dans l'opinion publique, se reprocha d'avoir sacrifié Cicéron ; et, changeant de disposition, il se ligua avec ses amis pour s'occuper des moyens de le rappeler. Clodius, de son côté, s'y opposant de tout son pouvoir. le sénat décréta qu'il suspendait tout rapport et toute expédition des affaires publiques, jusqu'au rappel de Cicéron. Sous le consulat de Lentulus, la sédition fut poussée si loin, qu'il y eut des tribuns du peuple blessés sur la place publique, et que Quintus, frère de Cicéron, fut laissé pour mort parmi beaucoup d'autres. Ces excès commencèrent à ramener le peuple ; et Annius Milon, l'un des tribuns du peuple, osa le premier traîner Clodius devant les tribunaux, pour les violences qu'il avait commises. La plus grande partie du peuple et des habitants des villes voisines se joignirent à Pompée, qui, fort de leur secours, chassa Clodius de la place publique, et appela le peuple aux suffrages pour le rappel de Cicéron. Jamais décret ne fut rendu avec autant d'unanimité. Le sénat, rivalisant de zèle avec le