Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/87

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situation la plus favorable. Alors, se reprochant son excessive prévoyance, il revint à Rome. Il ne fut pas trompé d'abord dans ses espérances ; il sortit au-devant de lui une foule si considérable, que les compliments et les témoignages d'affection qu'il reçut depuis les portes de la ville jusqu'à sa maison consumèrent presque toute la journée.

Le lendemain, Antoine ayant convoqué le sénat, y appela Cicéron, qui refusa de s'y rendre, et se tint au lit, sous prétexte que le voyage l'avait fatigués ; mais son vrai motif fut la crainte d'une embûche qu'on devait lui dresser, et dont il avait été prévenu dans sa route. Antoine, offensé d'un soupçon qu'il traitait de calomnieux, envoyait des soldats pour l'amener de force, ou pour brûler sa maison s'il s'obstinait à ne pas venir ; mais, aux vives instances de plusieurs sénateurs, il révoqua son ordre, et se contenta de faire prendre des gages chez lui. Depuis ce jour-là, lorsqu'ils se rencontraient dans les rues, ils passaient sans se saluer ; et ils vécurent dans cette défiance réciproque, jusqu'à ce que le jeune César arriva d'Apollonie, et que, s'étant porté pour héritier de César, il réclama d'Antoine une somme de vingt-cinq millions de drachmes, qu'il retenait de la succession du dictateur ; ce qui