Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/91

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devenait si brillante, décerna aux troupes qui le suivaient des honneurs et des récompenses, dans la vue d'abattre sa puissance, sous prétexte que depuis la défaite d'Antoine la république n'avait plus besoin d'armée. César, alarmé de cette mesure, envoya secrètement quelques personnes à Cicéron, pour l'engager, par leurs prières, à se faire nommer consul avec César ; l'assurant qu'il disposerait à son gré des affaires, et qu'il gouvernerait un jeune homme qui ne désirait que le titre et les honneurs attachés à cette dignité. César avoua depuis que, craignant de se voir abandonné de tout le monde par le licenciement de son armée, il avait mis à propos en jeu l'ambition de Cicéron, et l'avait porté à demander le consulat, en lui promettant de l'aider de son crédit et de ses sollicitations dans les comices.

XLVI. Ce fut surtout dans cette occasion que Cicéron, malgré l'expérience de l'âge, dupé par un jeune homme, appuya si fortement sa brigue, qu'il lui donna tout le sénat. Il en fut blâmé sur-le-champ par ses amis, et il ne tarda pas lui-même à reconnaître qu'il s'était perdu, et qu'il avait sacrifié la liberté du peuple. César, dont le consulat avait fort augmenté la puissance, ne s'embarrassa plus de Cicéron ; il se lia avec Antoine et Lépidus ; et, réunissant