Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/167

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brume, avaient été regardées pendant longtemps comme une confirmation de la théorie de Laplace. On les prenait pour des étoiles subissant cette condensation dont j’ai essayé de décrire les modes. Ainsi on supposait que nous possédions la preuve oculaire de la vérité de l’hypothèse, — preuve qui, pour le dire en passant, s’est toujours trouvée sujette à controverse ; et quoique, de temps à autre, certains perfectionnements télescopiques nous permissent de voir qu’une tache, çà et là, que nous avions classée parmi les nébuleuses, n’était en réalité qu’un groupe d’étoiles tirant simplement son caractère nébuleux de l’immensité de la distance, toutefois on ne pensait pas qu’un doute pût exister relativement à la nébulosité positive d’autres masses nombreuses, véritables places-fortes des nébulistes, qui semblaient défier tout effort de ségrégation. De ces dernières, la plus intéressante était la grande nébuleuse dans la constellation d’Orion ; mais celle-ci, examinée à travers les magnifiques télescopes modernes, se trouva résolue en une simple collection d’étoiles. Or, ce fait fut généralement accepté