Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/174

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


très-justement, une foi médiocre dans ses propres facultés de perception ; Ainsi, relativement à l’existence positive des nébuleuses, existence si présomptueusement affirmée par les astronomes ses contemporains, il s’appuyait bien moins sur ce qu’il voyait que sur ce qu’il entendait dire.

On verra que les seules objections valables qu’on puisse opposer à sa théorie sont celles faites à l’hypothèse prise en elle-même, à ce qui l’a suggérée et non à ce qu’elle suggère, aux propositions qui l’accompagnent plutôt qu’à ses résultats. La supposition la moins justifiée de Laplace consiste à donner aux atomes un mouvement vers un centre, malgré qu’il comprenne évidemment les atomes comme s’étendant, dans une succession illimitée, à travers l’espace universel. J’ai déjà montré qu’avec de telles donnée aucun mouvement n’aurait pu avoir lieu ; ainsi Laplace, pour supposer un mouvement, se place sur une base aussi peu philosophique qu’elle est inutile pour établir ce qu’il voulait établir.

Son idée originale semble avoir été un composé des vrais atomes d’Épicure et des pseudo-nébuleuses