Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/194

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mon compte personnel, porté à imaginer (je n’ose pas me servir d’un terme plus affirmatif) qu’il existe réellement une succession illimitée d’Univers, plus ou moins semblables à celui dont nous avons connaissance, à celui-là seul dont nous aurons jamais connaissance, — du moins jusqu’au moment où notre Univers particulier rentrera dans l’Unité. Cependant, si de tels groupes de groupes existent, — et ils existent, — il est suffisamment clair que, n’ayant pas de participation dans notre origine, ils ne participent pas à nos lois. Ils ne nous attirent pas et nous ne les attirons pas. Leur matière, leur esprit ne sont pas les nôtres, ne sont pas ce qui agit, influe dans une partie quelconque de notre Univers. Ils ne pourraient impressionner ni nos sens ni nos âmes. Entre eux et nous, les considérant tous pour un moment collectivement, il n’y a pas d’influences communes. Chacun existe, à part et indépendant, dans le sein de son Dieu propre et particulier.