Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/212

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certaine forme, nous la trouvons d’une certaine grosseur appréciable. Or, j’ai déjà dit quelques mots de la grosseur probable de plusieurs étoiles ; néanmoins, quand nous en examinons une quelconque, même à travers le télescope le plus puissant, elle se présente à nous sans aucune forme, et, conséquemment, sans aucune dimension. Nous la voyons comme un point, et rien de plus.

Maintenant, supposons que nous voyagions la nuit, sur une grande route. Dans un champ, d’un des côtés de la route, se trouve une file de vastes objets de toute dimension, d’arbres, par exemple, dont la figure se détache distinctement sur le fond du ciel. Cette ligne s’étend à angle droit de la route jusqu’à l’horizon. Or, à mesure que nous avançons le long de la route, nous voyons ces arbres changer leurs positions respectives relativement à un certain point fixe dans cette partie du firmament qui forme le fond du tableau. Supposons que ce point fixe, — suffisamment fixe pour notre démonstration, — soit la lune qui se lève. Nous voyons tout d’abord que, pendant que l’arbre le plus proche de nous change de position