Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/264

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laise et la rébellion qui sont le résultat d’une pareille idée, et puis les irrépressibles aspirations vers la perfection, ne sont que les efforts spirituels, coïncidant avec les matériels, pour retourner à l’Unité primitive, — et constituent, pour mon esprit du moins, une espèce de preuve, dépassant de beaucoup ce que l’Homme appelle une démonstration, qu’il n’y a pas d’âme inférieure à une autre, — que rien n’est et ne peut être supérieur à une âme quelconque, — que chaque âme est, partiellement, son propre Dieu, son propre Créateur ; — en un mot, que Dieu, le Dieu matériel et spirituel, n’existe maintenant que dans la Matière diffuse et l’Esprit diffus de l’Univers ; et que la concentration de cette Matière et de cet Esprit pourra seule reconstituer le Dieu purement Spirituel et Individuel.

De ce point de vue, et de celui-là seulement, il nous est donné de comprendre les énigmes de l’Injustice Divine, — de l’Inexorable Destin. De ce point de vue seul, l’existence du Mal devient intelligible, mais de ce point de vue, il devient mieux qu’intelligible, il devient tolérable. Nos âmes ne peuvent