Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 10, 1933.djvu/465

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LA VICTOIRE

Lloyd George et je ne pense pas qu’il y ait la moindre difficulté.

— Je suis, dis-je, à votre disposition. Quant à la présence de Wilson, s’il accepte sans arrière-pensée votre présidence, la principale difficulté est levée et il vaut mieux ne pas le froisser en l’écartant. Vous avez raison. Si les choses tournent mal sur un point ou un autre, on s’en prendra à nous. Mais vous êtes sûr qu’il renonce vraiment à la préséance ?

— Absolument sûr. »

Clemenceau ajoute qu’il désire aller se reposer huit jours en Vendée, car il est très fatigué et essaie vainement de travailler. Il trouve toujours Pams un peu mou, parce qu’il va y avoir des élections à faire et qu’avec Pams, ce sera impossible. « Mais, ajoute-t-il, nous en reparlerons ; il ne peut être question d’élections avant les préliminaires de paix.

— Et puis, dis-je, il faut que la date soit fixée par une loi.

— Oui, mais c’est malgré tout, moi qui la fixerai. »

Venizelos et Politis se plaignent vivement des Italiens en Épire et dans le Dodécanèse. À propos du voyage possible du roi de Grèce en France, Venizelos me parle de son roi avec une hostilité qu’il ne cache pas.


Mardi 17 décembre.

Conseil des ministres. Clemenceau se plaint vivement des Italiens et aussi de nos amiraux qui n’ont pas empêché les incidents de Fiume. Leygues défend en très bons termes ses subordonnés ; il explique qu’ils ont fait tout leur devoir ; mais Clemenceau suit son idée sans écouter. Longue discussion entre Leygues et Bouisson au sujet de la démilitarisation de la Marine marchande et de