Page:Ponchon - La Muse au cabaret, 1920.djvu/28

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Mais, ô Vincent ! pardonne à ma sombre ignorance ;
Je me demande encore, à cette heure, pourquoi
Les braves vignerons du beau pays de France
T’ont voué cette révérence,
Et vont se réclamant de toi ?

Cultivas-tu la Vigne avant que d’être apôtre,
Et d’évangéliser, aux premiers temps chrétiens ?
Ou si tu cumulas ? L’un n’empêche pas l’autre.
Mais, vois quel dépit est le nôtre,
Que l’Histoire n’en dise rien !

Ou bien, si de ton nom la syllabe première
Les aurait à ce point frappés, qu’ils t’ont choisi
Pour patron, voyant là comme un trait de lumière ?
La foule est assez coutumière
De jouer sur les mots ainsi.

Quoi qu’il en soit, je crois à ton rôle, et t’honore,
Je te regarde comme un saint de tout repos.
Et te prie accepter, d’autant que j’en ignore,
À défaut d’un chant plus sonore,
L’humble fredon de mes pipeaux.

Gloire à toi sur les monts ! Gloire à toi sous les treilles !
Ô Vincent ! qui, là-haut, as, sans doute, l’honneur
De vendanger pour les élus à pleines seilles,
Ainsi que de mettre en bouteilles
Le vin des Vignes du Seigneur !