Page:Potier de Courcy - Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890, tome 1.djvu/7

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leurs noms et leurs armes. Le recueil complet des généalogies d’une grande province est un travail aussi impossible à faire qu’à publier ; exécuté en partie, il ne trouverait aucun éditeur. D’un autre côté, la sèche nomenclature des familles et de leurs blasons est tout à fait insuffisante, elle ne satisfait à aucun désir raisonnable et donne lieu à des méprises continuelles, à cause des homonymes.

C’est entre ces deux extrêmes que M. de Courcy a fort heureusement inauguré un plan tout à fait nouveau et qui consiste à donner sur chaque famille un résumé succinct, suffisant néanmoins pour faire connaître son origine, son ancienneté, ses principales possessions et illustrations, enfin ses armoiries ; en un mot, tout ce qu’il importe généralement de savoir pour en juger sainement.

Le Nobiliaire et Armorial de Bretagne laisse bien peu à désirer, et l’on ne sait trop ce que l’on doit le plus admirer de l’immensité des recherches ou de la scrupuleuse véracité de l’auteur. Ce qui le distingue particulièrement de tous les ouvrages de ce genre, c’est le soin avec lequel sont traitées les familles éteintes depuis longtemps ; bienveillant pour toutes, il est sans complaisance pour aucune et n’accepte jamais que les faits suffisamment justifiés…

M. de Courcy a eu sur tous ses devanciers le grand avantage de parler la langue bretonne. C’est, en effet, une particularité fort remarquable qu’aucun des historiens ou armoristes de la Bretagne n’ait connu sa langue ; Guy le Borgne, quoique bailli de Lanmeur, dans la Bretagne bretonnante, et D. Morice, bien que né à Quimperlé, n’en savaient pas un mot. Cette ignorance a donné lieu, pour tous, à un grand nombre de méprises, parce que, dans les actes anciens, les familles sont désignées tantôt par leur nom breton, tantôt par ce nom traduit en latin ou en français, en sorte qu’on voit les mêmes individus nommés alternativement Beuzit ou la Boëssière, Plessis ou Quenquis, Enez ou de l’Isle, Launay ou Guern, Penfeunteniou ou Cheffontaines, Penhoat ou Chefdubois, Minihy ou du Refuge, Kergaro ou Apreville, etc., etc. Toutes ces correspondances sont soigneusement indiquées dans l’ouvrage de M. de Courcy …[1] »

Nous espérons que les améliorations apportées à notre nouvelle édition lui vaudront le même accueil bienveillant qu’aux éditions antérieures, dont le prix de vente n’a fait qu’augmenter progressivement jusqu’à l’écoulement du dernier exemplaire[2].

Les Éditeurs : J. Plihon et L. Hervé.
  1. E. de Cornulier, Bulletin du Bouquiniste, Paris, Auguste Aubry, année 1862, p. 38.
  2. Les rares exemplaires passés dans les ventes publiques ont été adjugés jusqu’à 300 francs.