Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/228

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s’approcha de moi et me donna un coup de pied dans le visage, en me disant : « Managia la tua facia de Banditu. » — Cette dernière insulte mit le comble à ma rage. Je puis dire que depuis ce moment, je n’ai plus été enfant, ou du moins que je n’ai plus goûté les douces joies de cet âge ; et long-temps après je ne pouvois, de sang froid, voir un homme richement habillé.

» Il faut que la vengeance soit le péché originel des gens de notre pays ; car bien que je n’eusse alors que huit ans, la nuit comme le jour, je ne songeois plus qu’à punir le Principino. Je me réveillois en sursaut, rêvant que je le tenois par les cheveux et le rouois de coup ; et le jour, je