Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/365

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appris des deux compagnes de ma prison. Pour ce qui est du portier aveugle, je ne le voyois qu’au moment où il venoit nous passer notre dîner, à travers les grilles de la seule fenêtre que nous eussions. À la vérité, ma sourde gouvernante me crioit souvent aux oreilles, je ne sais quelles leçons de morale, mais je les entendois aussi peu, que si j’eusse été aussi sourde qu’elle ; car elle me parloit des devoirs du mariage, et ne me disoit pas ce que c’etoit qu’un mariage. Elle parloit de même de beaucoup de choses qu’elle ne vouloit pas m’expliquer. Souvent aussi, ma servante bègue s’efforçoit de me conter quelque histoire, qu’elle m’assuroit être fort