Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/68

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
( 60 )

couché, j’observai avec plaisir que mon lit étoit très-large, et que des rêves n’ont pas besoin d’autant de place. À peine avois-je eu le temps de faire cette réflexion, qu’un sommeil irrésistible, appesantit ma paupière, et tous les mensonges de la nuit s’emparèrent aussitôt de mes sens. Je les sentois égarés par de fantastiques prestiges ; ma pensée, emportée sur l’aile des désirs malgré moi, me plaçoit au milieu des sérails de l’Afrique, et s’emparoit des charmes renfermés dans leurs enceintes, pour en composer mes chimériques jouissances. Je me sentois rêver, et j’avois cependant la conscience de ne point embrasser des