Page:Potvin - Le tour du Saguenay, historique, légendaire et descriptif, 1920.djvu/130

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le tour du saguenay

voyons de loin, entre Port-Alfred et Saint-Alphonse, la Rivière-à-Mars qui a son embouchure dans la baie ; c’est l’une des rivières à bon droit les plus renommées pour la pêche aux saumons. Le droit d’y faire la pêche a été exclusivement concédé aux MM. Price, par le gouvernement.

Après une escale au quai de Saint-Alphonse — ou Bagotville — tout au fond de la baie, notre bateau rebrousse chemin et, bientôt sort de la baie et reprend sa route vers Chicoutimi.

Puisque nous sommes en train de découvrir le Saguenay, disons que vingt-cinq rivières, dont douze navigables en canot, se jettent dans la rivière Saguenay. Signalons la Rivière Saint-Jean, la Rivière Éternité, la Rivière Sainte-Marguerite, la Rivière-à-Mars, les Rivières-à-Pelletier, aux-Outardes, du-Caribou, Valin, Chicoutimi et combien d’autres.

Ce voyage sur le Saguenay est un enchantement continuel. Pendant plus de cinq heures, nous admirons les plus troublants paysages que l’homme puisse connaître.

De toutes parts surgissent, de chaque côté de nous, de gigantesques profils de pierre, des figures énigmatiques et colossales. Des rochers monstrueux se succèdent dans des attitudes de sphinx de bronze vert, tandis que d’autres semblent dormir paresseusement à l’abri de grands bois de sapins et de bouleaux. Plus loin, de l’avant du bateau, des rochers s’égrennent ou semblent se courir sans pouvoir jamais se rattraper. Le long de ces murailles, vertes ou brunes, se détachent de blanches mouettes qui tourbillonnent, pareilles à une neige vivante, dans la transparence ombrée de l’atmosphère.