Page:Potvin - Le tour du Saguenay, historique, légendaire et descriptif, 1920.djvu/134

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le tour du saguenay


XII

LES GEANTS DE PIERRE




Les caps Trinité et Éternité — La légende du Cap-Trinité — Notre-Dame-du-Saguenay — La statue du cap.






QUAND le bateau contourne la petite baie que la nature a tracée au pied du Cap-Éternité, la sirène lance un long hurlement qui semble effrayant dans le lourd silence qui pèse sur ce coin de la nature saguenayenne. Aussitôt, le cri de la sirène monte vers le ciel, puis, retombant, il va frapper à toutes les saillies des deux géants de pierre ; il s’éparpille en mille ondulations dans l’espace silencieux… puis, durant une minute, l’écho se promène d’anse en anse, roule de crête en crête, de rocher en rocher, descend au fond des ravins, puis remonte encore, s’affaiblissant toujours, s’arrêtant tout à coup, accentuant davantage le solennel silence.

L’on compte et l’écho répète souvent, par les temps calmes, vingt fois le cri du sifflet du bateau.

Le Prince de Galles, feu Edouard VII, en 1860, fut comme assourdi par l’écho d’un coup de canon qu’il fit tirer de la goélette qui le portait vers la rivière Sainte-Marguerite où il allait faire la pêche au saumon. Le Cap-Éternité est le pic le plus haut des rives saguenayennes ; il mesure 1,800 pieds au-dessus du niveau de