Page:Potvin - Le tour du Saguenay, historique, légendaire et descriptif, 1920.djvu/151

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le tour du saguenay

un pays qui s’étend en horizons qui donnent à l’œil des joies sans cesse renouvelées et à l’âme des leçons de beauté sereine, En cet au delà lointain des Laurentides, le sol a été marqué de l’empreinte de notre survivance française qui s’est inscrite dans les plaines et dans le cœur des hommes, et l’on sent que cette survivance fut patiente, mesurée, eurythmique. Comme dans les centres agricoles de notre Pays de Québec — comme appelait Louis Hémon notre province — on sent que ceux qui vivent là ne se plient pas à l’incohérence des brusques bouleversements. Tout, ici, comme partout au pays de Québec, s’accomplit selon la courbe d’une évolution harmonieuse.

Depuis Chicoutimi le train a traversé Jonquière, Sainte-Brune, Hébertville-Station.

Jonquière — Saint-Dominique — est dans le comté de Chicoutimi. Jonquière s’écrit, sans s : c’est le nom du seizième gouverneur de la Nouvelle-France, mort à Québec en 1752. C’est une petit ville très prospère, fondée en 1866. C’est le centre de la région industrielle du Haut-Saguenay. Là fleurit l’industrie de la pâte de bois. La population de la ville et de la paroisse — en 1920 — est d’environ 6, 000 âmes : elle augmente considérablement chaque année.

À un demi-mille de la ville, se trouve un fort pouvoir hydraulique situé sur la Rivière-au-Sable, l’un des tributaires du lac Kenogami. La Cie Price Bros a établi là des moulins très considérables à pâte de bois, à carton et à papier à journaux. Un village que l’on a appelé Kenogami.- s’est formé autour de ces usines et ce village deviendra vite une belle ville. Non loin de là, on a commencé, en 1920 même, l’établissement d’une autre