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Peter McLeod

proie ; le bas de la figure si large qu’il semblait qu’il se le tirât à l’aide d’un crochet passé dans les joues : des narines étalées, plates, descendues vers une fente qui était la bouche…

L’étrange docteur commença par procéder à un examen complet de l’anatomie de Peter McLeod. Il le fit tousser, cracher, marcher, crier : lui sonda la poitrine à coups de poing, comme on frappe sur un tonneau. Puis il annonça qu’il reviendrait le lendemain…

Malheur de malheur, être Peter McLeod, le dompteur d’hommes, et se faire ainsi manipuler, triturer par cette sorte de singe à face humaine !… Goddam !… faut-il tant tenir à la vie ?

Et c’était à la mort qu’il courait, le dompteur d’hommes…

Le docteur Linguenne revint le lendemain matin et administra à son malade une forte dose d’un comprimé jaunâtre que le malheureux avala avec des grimaces simiesques. Cinq minutes plus tard, Peter McLeod hurlait comme un damné et sans qu’il s’en rendit compte, quelques instants après, le charlatan lui coulait dans la gorge un autre comprimé…

Alors, ce fut pendant quelques instants le délire sourd où montait la parole épuisée, incompréhensible. Le délire ne cherche pas de phrases. Il veut des cris. Ils furent affreux… Un regard éperdu, un œil virant comme un disque dans une face blême d’épouvante, des mains vaines et sans force qui se tendent vers tout ce qui s’offre, un souffle épuisant, des narines qui se pincent, des spasmes hideux qui contrac-