Page:Potvin - Un héros de l'air, l'heureuse aventure de Roméo Vachon, 1955.djvu/14

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Mais nos modestes pionniers de l’aviation feraient sourire, aujourd’hui, les pilotes des avions à réaction, ou de ces immenses navires volants qui, chaque jour, tissent, autour du globe, un réseau serré de lignes aériennes. Pourtant, chacun de nos pionniers a marqué d’importantes étapes dans la conquête de l’air canadien…

Rappelons en passant que la Petite Histoire nous apprend qu’un de ces Canadiens français d’origine, Jean-B. Moissant, a été le premier aviateur à traverser la Manche dans un aéroplane portant deux personnes, lui et un passager. Cet exploit fut accompli le 8 août 1910. En octobre de la même année, Moissant gagnait la bourse de $10,000 offerte à l’aviateur qui, partant d’un point donné, irait contourner la Statue de la Liberté, dans le Port de New-York et reviendrait atterrir à son point de départ ; le trajet était de 34 milles et il fut couru en 34 minutes… Rappelons que ce Moissant fut victime d’un accident d’aviation à la Nouvelle-Orléans, quelques semaines après ses deux exploits d’août et d’octobre 1910. On a dit que l’audace de cet homme n’avait pas d’égale. Il a été question de lui élever un monument quelque part aux États-Unis.

Au sujet de cet as canadien-français d’origine, il ne faut pas oublier cet autre aviateur canadien-français, J.-M. Landry qui, lui, non seulement fut le premier Canadien français à recevoir, le 20 juin 1914, le brevet de pilote aviateur de la Fédération aéronautique internationale. Il avait, à ses frais, suivi des cours du fameux Louis Blériot qui, on le sait, fut le premier à traverser la Manche en avion, le 25 juillet 1909. Sur vingt-six candidats, J.-M. Landry fut parmi les premiers dix aviateurs à pratiquer le « looping-the-loop » et la « feuille morte ». En 1914, Landry était prêt à partir pour le front en qualité de pilote aviateur, mais alors l’état-major n’était pas tellement empressé à donner un poste de commande à un Canadien