Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 2, 1858.djvu/254

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Sur la proposition du bureau, M. Léonce Roux est nommé membre ordinaire de la Société.


M. L. PAILLÉ, docteur en médecine adresse à la Société le complément de son travail sur la certitude dans l’étude et l’exercice de la médecine.

Il avait d’abord établi que cette science est la plus facilement et la plus universellement jugée, tandis qu’elle est, par l’immensité de son objet, et les difficultés qui s’opposent à sa connaissance, la moins susceptible d’être appréciée par le grand nombre. Il veut, dans son second travail, étudier ces difficultés, et montrer qu’elles ne rendent pas impossibles des résultats positifs et une certitude aussi complète que celle des autres sciences.

La médecine est la science de l’homme. Mais l’homme est sans cesse impressionné, pénétré, modifié, par ce qui l’environne : elle est donc encore la science des milieux. Qui dira la nature de l’homme ? Qui prononcera le mot de cette énigme qui se présente sans cesse à nos regards et qui sollicite notre attention sans la satisfaire jamais ? Est-ce que l’homme ne sera pas, sur lui-même, dans l’incertitude et dans le doute, toutes les fois qu’il abandonnera la voie religieuse pour se jeter dans celle des recherches scientifiques ? La religion explique à l’homme ce qu’il est, d’où il vient, où il va. Elle s’arrête à l’âme, à sa nature, à son origine, à ses destinées, et les autres problèmes, elle les laisse, suivant une parole de l’Écriture sainte, aux discussions des hommes. Aussi, quelle longue liste de systèmes ! Que de contradictions, d’incertitudes, de luttes, de variations et de désordres !

Les premiers philosophes qui résumaient en eux la science universelle, s’élèvent tout d’un coup à de hautes conceptions métaphysiques. Pour eux, la nature n’est que la manifestation diversifiée d’un principe unique. De là, ils vont à l’homme qu’ils étudient en lui-même et dans ses opérations, dont ils recherchent la consti-