Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 2, 1858.djvu/37

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de la pesanteur, étant écarté de la verticale et abandonné à lui-même, sans impulsion latérale, doit se mouvoir suivant un plan, et s’y maintenir. Si le pendule s’en écarte, c’est que le champ de l’opération se meut.

Une seconde idée, c’est qu’en vertu de la force d’inertie de la matière, la déviation devait être, au pôle, égale à la rotation de la terre, c’est-à-dire, uniformément de 15 degrés à l’heure, et nulle à l’équateur.

La question fut soumise à M. Binet : les expériences furent faites simultanément, et les deux savants arrivèrent séparément à la même loi exprimée par la formule suivante :

Le point oscillatoire tourne graduellement autour de la verticale du point de suspension, avec une vitesse angulaire constante. L’azimuth du plan mesuré du nord vers l’est, de l’est vers le sud, etc., s’accroît uniformément ; la vitesse constante est exprimée par la rotation angulaire de la terre, multipliée par le sinus de la latitude du lieu de l’observation.

Ainsi, par son expérience éclatante à tous les yeux, exécutable en tous les points accessibles de la terre, avec les ressources communes, M. Foucault avait justifié, après 26 siècles, la témérité de Pythagore, renversé le pénible échafaudage de Ptolémée, confirmé les croyances enthousiastes de Copernic et de Galilée, donné aux sublimes conceptions de Newton la consécration qu’il ambitionnait, et délié, de nos jours, l’opinion publique de sa foi obligée dans les hautes, mais incertaines présomptions du calcul.