Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 2, 1858.djvu/85

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Il résulte des renseignements recueillis, que cette pierre fut enlevée de la cathédrale ou du palais épiscopal, au moment où, pendant la révolution, les églises furent fermées. On avait le projet de la soustraire à une mutilation que l’on croyait sans doute inévitable, à cause des armoiries qui devaient la surmonter. Elle fut brisée au moment où elle était déposée dans le clocher. Une partie disparut, et l’autre fut recueillie et employée plusieurs années après, à la destination actuelle.

Pendant les guerres religieuses de la fin du XVIme siècle, l’église et le monastère de St-Benoît furent pillés et en partie détruits. L’évêque et le chapitre se retirèrent à Lautrec où ils restèrent jusqu’à l’édit de pacification de 1629. Leur rentrée à Castres est du 10 septembre 1630. À cette époque, commencent les projets de reconstruction de l’église cathédrale. Ces projets retardés ou interrompus dans leur exécution, à cause de la situation difficile du Chapitre, dont les revenus avaient été considérablement réduits par les troubles, furent repris sous Michel de Tubœuf, nommé en 1664 évêque de Castres. L’ancienne église qui allait jusqu’à la rue de la Coutélarié, aujourd’hui Sabatier, dut être définitivement abandonnée pour être remplacée par un bâtiment plus vaste. On commença par le chœur, dont les fondements furent jetés sur une partie de l’ancien cimetière du monastère de St-Benoît, en face de l’évêché nouvellement construit. La nef réservée aux fidèles devait arriver, d’après les plans primitifs, jusqu’à la rue de la Coutélarié.

Le chœur seul a été construit ; le mur qui le termine, du côté opposé au sanctuaire, n’était que provisoire, et les pierres d’attente attestent encore aujourd’hui de plus grands projets. M. de Tubœuf jeta les fondements de ce vaste édifice, après avoir bâti le palais épiscopal sur des terrains qui avaient autrefois appartenu à l’abbaye de St-Benoît. Quel que soit celui des deux monuments auquel appartenait l’inscription, M. V. Canet croit qu’il est possible de la rétablir ainsi :