Page:Proudhon - Explications sur le droit de propriété.djvu/22

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dans les conditions de la discussion permise par la loi. Il montre que l’auteur a toujours distingué lui-même entre la propriété et le propriétaire ; qu’il est sans haine contre les propriétaires, et, à l’appui, il cite ce passage de l’auteur : Moi, haïr quelqu’un, grand Dieu ! autant vaudrait dire que le médecin hait le malade, parce qu’il définit la maladie ! Quant au moyen de réalisation de sa théorie, l’avocat démontre, par des passages nombreux de la brochure, qu’il ne veut ni émeutes, ni révolutions ; que partout, au contraire, il considère le temps, le progrès et le gouvernement lui-même comme les agents nécessaires de sa réforme.

L’avocat rappelle que dans sa brochure M. Proudhon a jeté une grande vue d’ensemble, et que l’on ne peut la scinder, la diviser pour en saisir le véritable caractère. Il s’attache à répondre aux passages incriminés par d’autres passages de la même brochure, afin de leur restituer leur véritable sens. Il discute ainsi et successivement les quatre délits reproches à l’auteur. En terminant, il dit qu‘à pareille époque, il y a dix ans, un jeune homme, un saint-simonien, paraissait aux assises de Paris, accusé d’attaques contre la propriété, contre la famille ; il fut acquitté par le jury, et aujourd’hui il rend d’éminents services au pays comme professeur au Collége de France, comme membre du conseil d’État et rédacteur du Journal des Débats[1].

  1. M. Chevalier ne se serait-il fait conservateur qu’afin de mieux servir l’égalité ? Quand on se rappelle les anciennes opinions de ce publiciste célèbre, opinions qu’il n’a jamais retractées ; quand on lit les discours récents du Collège de France, et qu‘on songe aux terreurs que lui inspirent, d’une part, le mouvement rétrogade des hommes du pouvoir, de l’autre, la divulgation rapide de certaines vérités économiques, on ne peut s’empêcher de regarder M. Chevalier, conservateur égalitaire, comme un martyr secret de la cause réformiste. Au lieu d’écouter sottement, comme nous faisons, ces politiqueurs ambulants qui nous crient : Démocratie ! démocratie ! nous ferions mieux de nous enquérir des hommes qui, parmi les auxiliaires du pouvoir, travaillent, sans encouragement comme sans témoins, à faire pénétrer dans les hautes régions sociales les vrais principes de l’ordre et de la liberté.