Page:Quitard - Dictionnaire des proverbes.pdf/39

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
19
AID

Le mot ahan, d’où vient le verbe ahanner, qu’on employait autrefois pour dire haleter en travaillant, est l’onomatopée du cri de respiration précipitée que laissent échapper les bûcherons dans leurs travaux. La plupart de nos vieux auteurs, depuis Jean de Meung jusqu’à Montaigne, et quelques écrivains des deux derniers siècles, se sont servis de ce terme très expressif. Je citerai Rabelais et Voltaire. Le premier a dit, dans son nouveau prologue du livre iv : « Ô Jupiter ! vous en suâtes d’ahan, et de votre sueur tombant en terre naquirent les choux-cabus. » Le second, dans une de ses lettres, parlant de certains rimailleurs, les a désignés par la périphrase suivante : « Ces pauvres diables qui suent d’ahan dans leurs greniers pour chanter la volupté. »

Le père Labbe, qui regarde aussi le mot ahan comme une onomatopée, cite la naïveté plaisante d’un petit garçon qui disait à son père, filetoupier ou batteur de chanvre, dans l’idée de le soulager d’une partie de son travail : « Mon père, contentez-vous de battre, je vais faire ahan pour vous. »

aide. — Bon droit a besoin d’aide.

Il ne faut pas se fier sur la justice de sa cause, quoiqu’il ne soit pas impossible de gagner une cause juste, comme l’a remarqué finement La Bruyère ; il est nécessaire, pour en assurer le succès, de solliciter et de faire agir des amis et des protecteurs. — Plus valet favor in judice quam lex in Codice. La faveur chez le juge vaut mieux que la loi dans le Code.

Lamotte a dit qu’un juge a toujours

Pour les présents des mains, pour les belles des yeux.

Vers qui ressemble beaucoup à ceux-ci de La Fontaine, liv. viii, fab. 7 :

Nous n’avons pas les yeux à l’épreuve des belles,
Ni les mains à celle de l’or.

Bon droit a besoin d’aide est un proverbe ancien dans notre langue, car il se trouve dans le recueil des proverbes français, mis en vers latins, que Jean de la Vêprie publia en 1519.

Indiget auxilio vel bona causa bono.