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ALG

pas de maladie plus cruelle, disaient les Celtes, que de n’être pas content de son sort.

Aime-moi un peu, mais continue.

Pour dire qu’on préfère une affection modérée mais durable, à une affection excessive qui est sujette à passer promptement.

Qui aime Bertrand aime son chien.

Pour signifier que quand on aime quelqu’un, il faut aimer aussi tout ce qui l’intéresse.

air. — Prendre ou se donner de grands airs.

C’est-à-dire de grandes manières, trancher du grand seigneur. Le mot air a été mis ici pour erre, qui signifie manière de vivre, d’agir, train de vie, comme dans cette autre locution, Aller grand’erre, dont on se sert, dit Barbasan, pour exprimer qu’une personne a un grand train, un grand équipage, qu’elle est somptueuse en habits. Roquefort observe qu’on n’a écrit air pour erre que dans le dix-huitième siècle et dans les nouveaux dictionnaires.

alchimie. — Faire de l’alchimie avec les dents.

C’est n’avoir ni pain ni pâte, et mâcher à vide. — C’est encore se refuser la nourriture nécessaire, et chercher, comme l’avare, à remplir sa bourse par l’épargne de sa bouche. — Le roi Midas, dont les aliments se convertissaient en or, fesait de l’alchimie avec les dents.

algarade. — Faire une algarade à quelqu’un.

C’est lui faire une insulte bruyante et imprévue. — Plusieurs étymologistes prétendent que le mot algarade a été formé du nom des Algériens, à cause des invasions subites que ces corsaires fesaient autrefois sur les côtes de la Méditerranée. Il me semble qu’il a dû être formé par métaplasme du cri à la garade, que les habitants de nos contrées méridionales sont habitués à faire entendre pour avertir de quelque danger. Mais les doctes ont prononcé qu’il est venu de l’espagnol algarada, qu’ils dérivent du verbe arabe gara, molester, agir avec perfidie, et de l’article al, pareillement arabe.