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ANE

dépend pas des objets : 1° je veux préférer ceci à cela, parce qu’il me plaît d’en user ainsi ; 2° il pourrait agir en tirant ce qu’il a à faire à la courte-paille. »

C’est le pont aux ânes.

On se sert de cette expression en parlant des choses qui sont connues des esprits vulgaires et ne peuvent embarrasser que des ignorants de la première espèce, justement assimilés aux baudets qu’on voit s’arrêter devant un pont de bois dont les planches mal jointes leur laissent entrevoir le cours de l’eau, car ces animaux ont ordinairement une si grande peur de se noyer, que, suivant la remarque de Pline le naturaliste (liv. viii, ch. 4), ils se précipiteraient à travers les flammes pour éviter de se mouiller les pieds. La même expression s’emploie aussi pour signifier les lieux communs et les réponses banales à l’usage des ignorants, et, dans ce sens, elle est une allusion à ces vieux recueils de solutions ou de thèmes tout faits, auxquels on donnait autrefois le nom de pont aux ânes, à cause de l’interrogatif an qui figurait au commencement de toutes les questions énoncées en latin. C’est un véritable calembourg, où pont aux ânes a été substitué à pont aux an, qui signifie le moyen de passer sur ces an comme sur une rivière, c’est-à-dire de surmonter les difficultés.

On trouve dans le vingt-huitième chapitre du deuxième livre de Rabelais le passage suivant, qui confirme l’explication que je viens de donner : « Ô qui pourra maintenant racompter comment se porta Pantagruel contre les trois cents géants ! Ô ma muse ! ma Calliope ! ma Thalie ! inspire-moy à ceste heure ! Restaure-moy mes esperits ; car voici le pont aux ânes de logicque ; voici le trébuchet, voici la difficulté de povoir exprimer l’horrible bataille qui feut faicte. »

Les ânes de Beaune.

L’animosité des Athéniens contre les Thébains n’est pas plus célèbre que celle des habitants de Dijon contre les habitants de Beaune. S’il faut en croire les Dijonais, l’air seul du pays de leurs adversaires est abrutissant, et c’est à qui racontera les simplicités beaunoises le plus ridicules. La querelle de Piron