Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/14

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milieu du torrent des erreurs et de l’égarement trop général. Il fut payé de ses efforts généreux par l’estime des honnêtes gens et par la haine des méchans ; mais les méchans étaient en majorité. Proscrit sous le double rapport de membre du Parlement et de traducteur de Burke, il fut obligé de fuir, laissant à madame Dupont, sa mère, tous les matériaux qu’il avait rapportés d’une terre hospitalière, ainsi que les notes relatives à sa traduction. Mais madame Dupont fut elle-même arrêtée ; et ses fidèles domestiques, craignant pour les jours de leur respectable maîtresse, brûlèrent sans pitié tous les papiers de son fils : il y était quelquefois question d’Anglais, d’Angleterre ; et, à cette époque, c’était un crime de haute trahison.

La traduction que nous réimprimons aujourd’hui, a été revue sur la 8e édition anglaise. Le style offrira, nous l’espérons, cette correction et cette clarté que l’on regrettait quelquefois de ne pas trouver dans les premières éditions. Ces légères taches avaient pour excuse l’aménité et la com plaisance de M. Dupont qui céda trop aux désirs de son honorable ami dont le bouillant génie, peu familiarisé avec les règles austères de la langue française, exigea plus d’une fois qu’on sacrifiât la justesse de l’expression à l’énergie de sa pensée.

Les notes qui accompagnent notre édition ajouteront