Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/24

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fonds de narrations et de portrait historiques habilement traces. En 1774, on jugeait ses principes tellement favorables a la liberté, que les whigs de l’opulente cité de Bristol le choisirent pour leur représentant. Les attaques qu’à cette époque il livra aux opérations des ministres, portaient principalement sur leur insuffisance, leur sévérité et leur injustice. La guerre devint populaire, et Burke sembla perdre quelque chose dans l’opinion publique en s’y opposant. Il s’aliéna surtout ses commettans de Bristol, quand il sollicita dans le Parlement la liberté du commerce pour les Irlandais, et des lois tendant à adoucir le sort des catholiques. Il fut cependant réélu dans la session suivante, et, en même temps, nommé par une autre ville. Ce fut alors qu’il parut au milieu de l’assemblée des électeurs de celle-ci, et y prononça un discours, réputé son chef-d’œuvre ; il rendait compte de sa conduite, et commençait par ces mots : Gentlemen, I decline the election (Messieurs, je refuse l’élection). Quoi qu’il en soit, il recouvra en grande partie la faveur du peuple dans son fameux Bill de réforme dans les mesures fiscales introduites en février 1780. Le ministère de lord North finit au mois de mars 1782, et le marquis de Rockingham fut rappelé avec tout son parti. Dans ce changement, Burke obtint le poste lucratif de payeur-général de l’armée, et fut admis au conseil-privé. Une de ses premières démarches fut la reproduction du bill de réforme, qui précédemment avait été rejeté, n’étant pas aussi agréable aux ministres et aux courtisans qu’à la majorité de la nation ; et cette fois, le bill passa avec des modifications considérables. La mort du marquis de Rockingham avança le terme du ministère, dont il était l’âme ; et lorsqu’on désigna les