Page:Régnier - La Canne de jaspe, 1897.djvu/139

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antiques auraient été un refuge contre les pluies d’été qui parfois huilaient de leurs averses le bronze des statues ou la verdure métallique des ifs et s’égouttaient aux feuilles alourdies des arbres en diamantations dissoutes. Hermotime déplorait tout cela, augurant la beauté de la demeure à celle des jardins.

Un haut goût décoratif les parait, quoique leur ordonnance autoritaire et syllogistique dénotât qu’ils eussent été composés par un esprit spécieux et dominateur, et imaginés, à cause de leur méditatif assemblage de bronzes et d’eaux, par un songeur, peut-être un peu hypocondre, qui aima y conformer ses rêveries méthodiques et y approfondir quelque hautaine, acariâtre et morose délectation.

Hermas et Hermotime s’y reposèrent souvent, d’ordinaire sur cette dernière marche, au bas de l’Escalier de Narcisse. Le beau jardin s’étendait sur un fond de silence. Le regard suivait la fuite de l’eau sous les arbres. Parfois, seulement, aux heures de grand soleil, on recherchait l’abri des futaies, leur intérieur frais et sombre. Hermotime aimait s’arrêter auprès de la petite source. Hermas préférait s’accouder