Page:Réponse de l'Eglise orthodoxe d'Orient à l'encyclique du pape Pie IX, 1850.djvu/28

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évêques des plus illustres Églises que nous venons de mentionner, obtint la primauté d’honneur, et qu’il lui fût accordé la préséance. C’est pourquoi, d’après les paroles du canon du Concile, les Pères n’ont pas sans raison accordé la primauté au siége de l’ancienne Rome, comme d’une ville régnante. Nous en tenant toujours aux paroles du canon cité du quatrième Concile œcuménique : « Les Pères ont donné la primauté, » nous nous hâtons d’ajouter, sans hésitation, une conclusion incontestable, savoir, que ces prérogatives n’ont été données aux évêques de Rome ni par les apôtres, ni par le Seigneur lui-même. Et puisque l’Église du Christ ne peut, sous aucun rapport, être reconnue le corps des hiérarques de Rome, elle ne peut pas non plus les avoir pour chefs. Car, d’après les paroles de la Sainte Écriture, et selon l’expression du divin Paul, personne, outre Jésus-Christ, ne peut être chef et tête de l’Église. (Éphes., iv, 8-15.)

Quant à ce que les Romains, pour prouver la suprématie des papes, allèguent l’épître de saint Clément aux Corinthiens, il faut dire que cela n’aboutit à rien. Car dans les temps anciens, comme nous l’avons déjà dit, les Églises contenant le moindre nombre des gens pieux, s’adressaient, pour ce qui regardait la foi, ou les controverses et les différends, aux évêques des villes les plus illustres. Or, telle était l’Église romaine, non pas cependant par la force du droit, que s’arrogent les évêques de Rome de prononcer la dernière décision sur les affaires de toute l’Église chrétienne, droit qui, n’étant inventé que dans des temps récents, n’était pas connu dans l’Église, du deuxième siècle surtout.

Si Clément de Rome a adressé à Corinthe une admonition tendant à mettre un terme au mal et à faire vivre les Corinthiens en paix et unanimité, — Denis, le fameux évêque de Corinthe sous Antoine Vérus, homme saint, disciple des Pères apostoliques, s’étant distingué par son érudition et son in-