Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/324

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occupaient Montréal et qu’on soupçonnait d’entretenir avec les Américains une correspondance secrète, fut arrêté tout à coup, en son manoir de la Rivière David, par une troupe de soldats (27 septembre 1780), dépouillé de son argent et de ses papiers, conduit à Québec, détenu d’abord sur un vaisseau, puis dans un cachot militaire, et enfin transféré dans le couvent des Récollets. En vain il demanda sa mise en liberté provisoire sous bonne et sûre caution, en vain il réclama qu’on instruisît au moins son procès, on lui refusa tout. Après deux ans et huit mois de détention, il fut enfin remis en liberté, sans qu’on lui eût même dit quel était son crime[1].

Pendant que le Canada gémissait sous cette terreur, à laquelle, avec un peu plus d’énergie, ses citoyens auraient pu si facilement se soustraire, les Américains continuaient de faire échec aux armées anglaises. La capitulation de Saratoga avait eu un immense retentissement, non seulement aux États-Unis, mais en Europe, et particulièrement en France. Benjamin Franklin, envoyé par le Congrès à Paris, y fut reçu par le ministère avec bienveillance et par le peuple avec un véritable enthousiasme. Après divers pourparlers, le duc de Choiseul vint enfin à bout des scrupules monarchiques de Louis XVI et décida le roi de France à reconnaître la jeune république en signant avec elle un traité de commerce et d’alliance (1778). L’orgueil anglais chancela à cette nouvelle. On parla d’accommodement avec le congrès de Philadelphie.

  1. Garneau. — Laverdière.