Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/326

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Privée du concours de ses sauvages alliés, l’Angleterre fut encore battue dans ses soldats el dans ses marins, sur terre et sur mer. Nos flottes, que Choiseul avait reconstituées, conquéraient sur l’Angleterre les îles de Grenade et de Saint-Vincent. Sur le continent américain, des alternatives de succès et de revers, la ville de Philadelphie prise et reprise disaient assez que les Américains n’avaient besoin que d’un renfort du dehors pour briser définitivement le joug anglais. Le comte de Rochambeau, venu de France à la tête de six mille hommes de troupes aguerries, leur amena ce renfort qui décida de l’issue de la guerre. L’Angleterre n’éprouva plus désormais que des défaites. Ses troupes, battues à Cowpens, Guildford, Entawsprings et Williamsburg, du côté de la Virginie et des Carolines, par les corps des généraux Morgan, Green et Lafayette, furent refoulées dans le cul-de-sac de Yorktown par l’armée de Washington et le corps français de Saint-Simon, et là, renouvelant la capitulation de Saratoga, 6,000 hommes de troupes régulières et 1,500 matelots furent obligés de poser les armes. Cette victoire assura définitivement l’indépendance des États-Unis. C’était la deuxième armée anglaise qui était faite prisonnière dans cette guerre : désastre presque inouï dans les fastes militaires modernes. Le général Cornwallis, qui commandait les Anglais, n’eût voulu rendre son épée qu’à Rochambeau et à Lafayette, mais ceux-ci le renvoyèrent à Washington, déclarant qu’ils n’étaient eux-mêmes que des auxiliaires (1781).

L’Angleterre fut accablée par la nouvelle de la capitulation de Yorktown et fléchit sous le poids de l’inéluctable nécessité. Le 3 septembre 1783 fut signé le