Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/476

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pourtant hardie, de ses arceaux que par la richesse excessive de sa décoration. Le chœur et le maître-autel, surchargés de dorures, de clinquant, sont tout ce qu’on peut imaginer de plus flamboyant et de plus rutilant dans ce genre. Mentionnons encore les bâtiments de l’Université protestante Mac Gill, très richement dotée, quoiqu’elle le soit moins encore que le séminaire de Saint-Sulpice, à qui l’île tout entière de Montréal fut autrefois donnée en dotation, la Banque, la Bourse, le théâtre, le couvent de Notre-Dame, l’hôpital général, etc. Sur la place du marché s’élève une colonne assez maigre à la gloire de l’amiral anglais Nelson. Montréal déplore encore la perte de sa bibliothèque, riche surtout en volumes relatifs au Canada, qu’avait assemblés à force de soin et de patience, un savant canadien, M. Faribault, et qui fut consumée en entier par l’incendie qui dévora, lors des troubles de 1849, les bâtiments du Parlement.

Des hauteurs du Mont Royal, l’œil embrasse sur la ville elle-même, sur le Saint-Laurent, sur la forêt de mâts qui le couvre dans la saison de la navigation et sur la plaine accidentée qui s’étend au loin de l’autre côté, une vue des plus pittoresques. Les clochers des temples des diverses communautés chrétiennes, le dôme inachevé de Saint-Pierre de Montréal, copie banale de Saint-Pierre de Rome qu’un évêque catholique préoccupé de « faire grand » a voulu rééditer sur les bords du Saint-Laurent, mais que le manque de fonds ne permettra vraisemblablement pas de mener à fin, — les « toits d’argent » et les murs de briques de ses maisons particulières, dont beaucoup, surtout dans le quartier anglais, sont de véritables palais, le Mont Royal