Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/485

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Les principales « paroisses » de cette région sont : Kamouraska, Saint-Paschal, La Rivière-du-Loup, l’Île-Verte, Trois-Pistoles, Le Bie, Saint-Flavien, Métis, Saint-Jérôme, Sainte-Anne-des-Monts, Percé, Carlisle, Bonaventure, Nouvelle, etc.

La province de Québec est bornée, de ce côté, par la baie des Chaleurs et par la rivière Restigouche qui la séparent du Nouveau-Brunswick. Mais nous n’avons pourtant pas encore embrassé toute l’étendue de son domaine, car quelques-unes des îles du golfe Saint-Laurent appartiennent encore à cette province. C’est d’abord l’île d’Anticosti, brumeuse et froide, et qui ne compte, sur une surface presque aussi grande que l’île de Corse, qu’une poignée d’habitants, pêcheurs acadiens pour la plupart. C’est aussi à la province de Québec que se rattache le groupe d’îles appelées îles de la Madelaine. Ces îles étaient encore désertes en 1780 quand un Américain, nommé Isaac Coffin, trouvant la situation favorable pour la pêche des morses, y conduisit quelques familles acadiennes, qu’il alla chercher sans doute dans l’île du Cap-Breton, où s’était conservée une portion assez notable de cette malheureuse population. En 1798, on n’y comptait encore que dix familles, mais ces familles se sont considérablement développées, car les îles de la Madelaine comptent aujourd’hui quelques milliers d’âmes. Cette population, adonnée surtout à la pêche et à la navigation de cabotage, un peu à l’agriculture et à l’élevage des bestiaux, essaime maintenant sur les rivages du Nouveau-Brunswick, d’Anticosti et du Labrador. Curieux exemple de la multiplication merveilleuse de cette race franco-acadienne qui surpasse en fécondité les Canadiens français eux-mêmes !