Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/488

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d’entre eux cependant vont aussi travailler dans les forêts pour le compte des négociants anglais qui en font l’exploitation.

Un groupe intéressant de cette famille se trouve, — isolé de tous les autres, — dans le Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick, sur la rivière de Madawaska, au point de rencontre de cette rivière avec le fleuve Saint-Jean. Les ancêtres de ces Acadiens habitaient plus au sud, sur l’emplacement actuel de Frederickton ; mais, en 1784, l’administration anglaise trouva à sa convenance de s’emparer des cultures et des habitations de ces pauvres gens, pour les donner à des émigrés « loyalists » venus d’Amérique et à des soldats congédiés. Pour « indemniser » les Acadiens, on leur accorda des terres dans un désert sauvage, sur le cours supérieur du fleuve Saint-Jean, au centre des montagnes qui séparent le Nouveau-Brunswick du Maine, à vingt-cinq ou trente lieues de toute contrée habitée. Ces Acadiens, ainsi transportés au mépris de tous les droits, dans ce nouvel établissement de Madawaska, y devinrent la souche d’une forte et nombreuse colonie qui a multiplié dans ces montagnes et qui fait honneur à leur race. Aujourd’hui, cette population atteint ou dépasse même 15.000 âmes. Le seul comté de Victoria qui dépend du Nouveau-Brunswick, en renfermait 8.854 au dernier recensement, groupés autour des clochers de Saint-François, Saint-Basile, Saint-Léonard, etc. Ces Acadiens ne sont plus, d’ailleurs, aussi isolés qu’autrefois de tout contact avec une race sœur. Par la vallée de la Madawaska et du lac Temiscouata, ils communiquent facilement avec les Canadiens français, aujourd’hui établis en nombre