Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/185

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Telle était la situation de l’Acadie à la fin de l’été 1710, lorsque la flotte anglaise partie de Boston et portant avec elle 3,400 soldats, entra dans le bassin de Port-Royal.

Le colonel Nicholson, qui commandait l’expédition, fit aussitôt sommer Subercase de se rendre. Mais le commandant français, quoiqu’il ne se fît pas d’illusion sur l’issue d’un combat si disproportionné, était résolu à faire son devoir et à tenir tant qu’il pourrait. Il se laissa donc bombarder au milieu des murmures et de la désertion de ses gens, et ce n’est qu’après dix-neuf jours d’une résistance opiniâtre qu’il se résigna à capituler (13 octobre 1710). Les termes de cette capitulation furent d’ailleurs des plus honorables : « La garnison sortira en ordre de bataille, avec armes et bagages, tambours battants et les couleurs au vent. — Il lui sera fourni des navires et les provisions suffisantes pour se rendre à La Rochelle ou à Rochefort. — Elle emmènera avec elle six canons et deux mortiers à son choix. — Les habitants qui demeurent dans le rayon de Port-Royal auront le droit de conserver leurs héritages, récoltes, bestiaux et meubles, en prêtant le serment d’allégeance ; s’ils s’y refusent, ils auront deux ans pour vendre leurs propriétés et se retirer dans un autre pays, etc., etc. »

Conformément à ces clauses, la garnison et les officiers, au nombre de 156 hommes, furent embarqués pour La Rochelle ; les employés, les engagés, quelques marchands et un petit nombre d’habitants rentrèrent en même temps en France ; mais la grande majorité des Acadiens demeura dans le pays, tant à Port-Royal, à qui les Anglais imposèrent dès lors le nom