Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/217

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Saint-Louis. Le gouverneur ne fut pas longtemps sans éprouver le ressentiment de l’ordre puissant qu’il venait d’offenser. On écrivit contre lui au ministre ; on l’accusa, outre les griefs énumérés plus haut, de donner les meilleurs postes à ses associés ou à ses favoris. Les trafiquants, qui n’auraient pas osé prendre l’initiative, firent écho à ces accusations. » Ces attaques, justifiées ou non, empoisonnèrent ses derniers jours et abrégèrent sa vie.

Le marquis Duquesne de Menneville qui fut nommé pour succéder à M. de la Jonquière, arriva à Québec en juillet 1752. Il trouva la colonie dans un assez grand désordre et la discipline militaire fort relâchée. Il s’en explique dans deux lettres au ministre, datées d’octobre 1753. Dans l’une, il se plaint des officiers qui « paroissent consternés », lorsqu’ils reçoivent un ordre de service. Dans l’autre, ses plaintes tombent sur les soldats : « leur indiscipline est outrée : cela provient de l’impunité dans les cas les plus griefs. » En vingt mois d’efforts persévérants, Duquesne parvint, à force de sévérités et de salutaires exemples, à remédier au mal, en grande partie du moins. Il mit à la tête des troupes des officiers expérimentés, fit de nouvelles recrues dans les campagnes et donna des ordres pour que tous les postes militaires fussent tenus en bon état de défense. « Le Canada, — écrivait le ministre de la marine, Rouillé, à son collègue d’Argenson, ministre de la guerre, — a au moins 15,000 hommes en état de porter les armes, sur lesquels on peut compter en tout temps. » Ce n’était pas trop, ce n’était pas même