Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/232

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


fut remplacé sur le champ de bataille par M. Dumas, capitaine dans les milices de la colonie.

La victoire de la Monongahéla nous donnait un immense butin, 15 pièces de canon, la caisse, les armes, les munitions et les papiers de l’ennemi. La vallée de l’Ohio nous resta, au moins pour cette année ; et nos sauvages alliés entrèrent de ce côté dans les colonies anglaises, où ils portèrent l’épouvante « en levant des chevelures sur l’Anglais »[1].

Cette victoire exalta fort les imaginations au Canada. M. Doreil, commissaire des guerres, écrivant de Québec au ministre, le 12 août 1755, et lui annonçant le départ de Dieskau contre les Anglais de l’armée du centre, ne craignait pas de dire : « Je regarde comme certain, par le mépris que l’on a pour eux, qu’ils seront battus partout. »

Ce propos n’était pas sans quelque outrecuidance et les événements allaient en fournir la preuve. Dieskau quittant ses retranchements du fort Saint-Frédéric vint, avec 1,500 hommes, offrir la bataille aux Anglais qu’il rencontra sur les bords du lac Saint-Sacrement, au point où fut élevé depuis le fort William-Henry. Les premiers engagements lui furent favorables. Le 8 septembre, il battit les Anglais en avant de leur camp, et, le 11, il essaya de l’enlever ; mais les sauvages refusèrent de donner et, malgré la furia francese de ses soldats, Dieskau ne put forcer les ouvrages des Anglais. Il fut grièvement blessé et pris par l’ennemi, et sa troupe, diminuée de sept ou huit cents hommes, dut battre en

  1. Dussieux, p. 141.