Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/356

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dents, et déterminèrent même une scission dans le parti réformiste. MM. Neilson, Cuvillier et Quesnel refusaient de suivre M. Papineau dans la voie des mesures extrêmes qu’il préconisait. Néanmoins les « 92 résolutions » furent votées par la Chambre et bientôt après appuyées d’un grand mouvement de pétitions qui s’organisa dans le pays. On remarqua en particulier l’adhésion des « cantons de l’Est » peuplés cependant, pour une forte part, par une population d’origine anglo-saxonne.

Les élections qui eurent lieu en octobre et novembre 1834 augmentèrent encore l’effervescence. Neilson et quelques autres partisans des voies de modération échouèrent au scrutin, tandis que Papineau et ses amis furent tous réélus. La nouvelle Chambre s’ouvrit le 21 février 1835 avec Papineau pour président. Le premier acte de l’Assemblée fut de renouveler les protestations de la législature précédente et en particulier la demande de la mise en accusation du gouverneur. Lord Aylmer prorogea la Chambre (18 mars 1835), mais dans l’intervalle de la prorogation, lui-même était rappelé par le Gouvernement anglais et remplacé par lord Gosford : ce dernier, nommé avec le titre de « commissaire royal », devait être assisté de deux commissaires adjoints, sir Charles Crey et sir Gipps, et tous les trois avaient charge de faire une enquête sur les causes de l’agitation et d’en soumettre les résultats à la couronne. La Chambre fut convoquée pour le 27 octobre. Lord Gosford lut un message qui protestait d’intentions conciliantes : la Chambre y répondit sur le même ton, mais elle refusa formellement de reconnaître les pouvoirs de la commission d’enquête.