Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/386

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et les possessions britanniques, au sujet d’un territoire en litige sur la frontière nord de l’État du Maine. L’Angleterre avait envoyé à cette occasion à Washington un plénipotentiaire, lord Ashburton, qui fut assez peu heureux dans ses négociations et finit par concéder aux États-Unis tout le territoire contesté, plus de quinze cent mille hectares, qui, d’après la carte dressée au congrès de Versailles, mais ignorée du plénipotentiaire, appartenaient légitimement au Canada. C’était encore en 1845 une question de frontières, mais cette fois à l’extrême Ouest, sur les rivages du Pacifique, qui menaçait de mettre de nouveau aux prises les États-Unis et leur ancienne métropole. L’Angleterre ne fut pas plus heureuse dans la conduite et dans l’issue de cette nouvelle contestation.

Au delà des montagnes Rocheuses, découvertes et franchies pour la première fois (en 1742) par un Français, le chevalier La Varenne de la Vérandrye[1], s’étend, des bouches de l’Orégon aux confins de la presqu’île d’Alaska, tout une vaste région où la colonisation commençait seulement alors à envoyer ses premiers pionniers, mais qui ne devait pas tarder à recevoir un accroissement considérable de population et à prendre une importance réelle. Les États-Unis, héritiers des prétentions de la France, depuis la cession de la Louisiane, et de l’Espagne depuis le traité de 1819, se heurtaient là à des prétentions contraires des Anglais et même des Russes. Un arrangement était intervenu en 1824,

  1. Né aux Trois-Rivières (Nouvelle-France) ; quatre de ses fils et l’un de ses neveux, nommé de la Janeraye, l’accompagnèrent dans ce voyage qui s’accomplit au milieu de difficultés innombrables. Voir p. 198.