Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/452

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sorte de président constitutionnel qui représente la couronne, mais ne gouverne guère, malgré son titre. Ses prérogatives sont d’ouvrir et de proroger les Chambres, de présider le conseil des ministres, qu’il doit toujours choisir, suivant la règle des pays libres, dans la majorité parlementaire et qui a la réalité en même temps que la responsabilité du pouvoir. Le gouverneur général a pourtant encore un droit de veto, au nom de la couronne britannique, contre les décisions de la législature canadienne ; mais c’est un privilège dont il use rarement, pour ne pas provoquer des conflits qui pourraient bien briser le lien extrêmement ténu qui unit encore le Canada à l’Angleterre.

L’élément français a toujours sa part dans les cabinets de la puissance, qui sont ordinairement désignés du nom des deux principaux ministres de l’une et de l’autre origine ; ainsi : le cabinet Baldwin-Lafontaine ; le cabinet Mac Donald-Cartier, etc. Actuellement (1884) c’est le cabinet John Macdonald-Chapleau qui est aux affaires.

Les départements ministériels sont au nombre de onze : justice ; travaux publics ; intérieur ; secrétariat d’État ; marine et pêcheries ; milice et défense ; finances ; douanes ; revenu intérieur ; postes ; agriculture et arts.

Le Parlement canadien se compose de deux Chambres : un Sénat, qui compte soixante dix-sept membres nommés à vie[1] ; une Chambre des communes, qui

  1. Les sénateurs doivent avoir 30 ans au moins et posséder des biens-fonds pour une valeur de 4,030 dollars au maximum. Ils doivent être pris : 24 dans la province d’Ontario ; 24 dans celle de Québec. La Nouvelle-Écosse en fournit 10 ; le Nouveau-Brunswick, 10 ; l’île du Prince-Édouard, 4 ; le Manitoba, 2 ; la Colombie britannique, 3.