Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/500

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


les vastes étendues des bassins du Mississipi et du Missouri, du Rio del Norte, des Colorados, de l’Orégon, etc. tous les lots susceptibles de culture seront bientôt répartis. La question se pose donc, — s’il est dans les destinées de notre planète de rouler encore sur son axe pendant plusieurs siècles en portant à sa surface les générations humaines, — de savoir où l’on trouvera la place pour héberger et nourrir ces milliards d’humains que la progression normale de la race fera de plus en plus pulluler sur notre globe ? Serait-il vrai, comme on l’a pronostiqué, que la destinée des générations futures fût de mourir de faim sur une planète trop étroite ? Nous ne nous engagerons pas dans l’examen de ces hypothèses peu rassurantes, et nous laissons à la Providence le soin de pourvoir, tant qu’elle le jugera bon, à la conservation de notre espèce. Nous ne rechercherons pas non plus à quels peuples, dans ces luttes pour l’existence que l’avenir réserve probablement à nos descendants, restera la victoire et la suprématie définitive. L’intelligence, le travail, la moralité, le courage, le nombre et la fécondité des races seront évidemment les éléments essentiels du succès dans ces rencontres, et il est probable qu’un partage se fera entre les races supérieures, qui répartira la terre entière entre dix ou douze grands États ou confédérations d’États. Quoi qu’il en soit de ces prévisions, il suffit à notre sujet d’établir que le peuple canadien français, quoi qu’il ne soit encore qu’un faible groupe dans l’ensemble des nationalités, est, par ses qualités physiques, morales et intellectuelles, des mieux armés pour ce struggle for life, et l’un de ses avantages particuliers est juste-