Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/85

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entrée en composition ; le traité de Saint-Germain-en-Laye, signé le 29 mars 1632, rendit et restitua « à Sa Majesté très chrétienne tous les lieux occupés par les Anglais en la Nouvelle-France, l’Acadie et le Canada », enjoignant à tous ceux qui commandaient à Port-Royal, au Fort de Québec et au Cap-Breton de remettre ces lieux, huit jours après notification, aux officiers nommés par le roi de France, et de faire réparer les dommages causés au sieur De Caën et aux autres individus qui avaient des intérêts à Québec, lorsque Kertk s’en était emparé.

Ce fut Émery De Caën qui fut chargé, quoique « religionnaire », d’aller reprendre possession, au nom de la France, de Québec et du Canada. Le roi, pour compenser les pertes que sa famille avait subies tant du fait des Anglais que de la résiliation du traité de l’ancienne Compagnie, lui accorda la jouissance des revenus du pays pendant une année ; après quoi, Champlain devait reprendre son ancienne charge. Quant à l’Acadie, Richelieu, tout en confirmant Charles Delatour dans le commandement qu’il exerçait de fait depuis la mort de Biencourt, confia au commandeur de Razilly une commission spéciale « aux fins de restaurer et développer les établissements de ladite Acadie ». Les instructions du cardinal portaient ce qui suit :

« Le sieur de Razilly ira recevoir des mains des Anglois la côte d’Acadie et notamment Port-Royal, pour y établir la Compagnie formée par ordre de Sa Majesté pour ledit pays, et ceci au compte et aux frais de ladite Compagnie, à charge par le roy de fournir le vaisseau l’Espérance en Dieu, tout armé, plus 10,000 livres comptant, sans qu’il puisse en coûter autre chose au roy.